Par l’Équipe Experts Fiscalité — Temps de lecture : 10 minutes
Au moment de lancer son activité de chauffeur privé, une question administrative éclipse souvent toutes les autres : quel statut juridique choisir ? En 2026, avec l’augmentation des coûts opérationnels et la complexité croissante de la réglementation fiscale, ce choix ne doit plus rien au hasard. Entre la simplicité de l’Auto-entrepreneur (Micro-entreprise) et la puissance de la SASU, voici le comparatif ultime pour maximiser votre revenu net.
1. L’Auto-entrepreneur VTC : La simplicité, mais à quel prix ?
La micro-entreprise reste le choix par défaut de nombreux nouveaux chauffeurs en raison de sa gestion simplifiée. Cependant, en 2026, ce statut présente des limites structurelles importantes pour un métier à fortes charges comme le VTC.
Les Avantages :
- Comptabilité ultra-simplifiée : Un simple livre des recettes suffit.
- Charges sociales proportionnelles : Vous ne payez que si vous encaissez (environ 21,2 % du chiffre d’affaires en 2026).
- Droit à l’ACRE : Si vous êtes éligible, vos charges sont réduites la première année.
Le piège du VTC en Micro :
Le problème majeur réside dans l’impossibilité de déduire vos frais réels. Vos charges sociales sont calculées sur votre Chiffre d’Affaires Brut, et non sur votre bénéfice. Entre l’achat/location du véhicule, l’assurance VTC, les commissions des plateformes (22-25 %) et l’énergie, vous payez des impôts sur de l’argent que vous ne gardez pas en poche.
2. La SASU : Le statut « Pro » pour optimiser ses revenus
La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) est souvent perçue comme plus complexe, mais elle offre des leviers d’optimisation bien plus puissants en 2026.
Pourquoi la SASU domine en 2026 ?
- Déduction des frais réels : Vous ne payez l’impôt que sur votre bénéfice réel (CA – charges).
- Récupération de la TVA : Vous récupérez la TVA sur vos achats, vos frais d’entretien et même sur l’électricité ou le carburant (selon les règles de 2026).
- Protection sociale : En tant que Président, vous êtes « assimilé-salarié ». Vous bénéficiez d’une meilleure couverture sociale que l’auto-entrepreneur.
- Maintien de l’ARE : C’est le statut idéal si vous avez des droits au chômage, car vous pouvez choisir de ne pas vous verser de salaire pour maintenir 100 % de vos allocations.
3. Comparaison chiffrée (Base 5 000 € CA / mois)
| Critère | Auto-entrepreneur | SASU (Impôt Société) |
|---|---|---|
| Base de calcul des charges | Chiffre d’Affaires Brut | Bénéfice Net |
| Déduction du véhicule | Impossible | Total (Amortissement ou LLD) |
| TVA sur les achats | Perdue (si franchise de base) | Récupérable |
| Protection sociale | Faible (SSI) | Élevée (Régime Général) |
4. Quel statut pour quel profil de chauffeur ?
Il n’y a pas de « meilleur » statut absolu, il n’y a que des statuts adaptés à des situations précises.
Choisissez l’Auto-entrepreneur si :
– Vous travaillez à temps partiel ou en complément de revenu.
– Vous n’avez pas de droits au chômage (ARE) à protéger.
– Vous possédez déjà votre véhicule et n’avez que peu de charges.
Choisissez la SASU si :
– Vous exercez à plein temps avec un CA supérieur à 3 500 € / mois.
– Vous achetez ou louez un véhicule récent (électrique notamment).
– Vous souhaitez piloter votre fiscalité via les dividendes.
– Vous bénéficiez du maintien de vos allocations Pôle Emploi.
FAQ : Vos questions sur la création VTC
Peut-on passer de Micro-entrepreneur à SASU facilement ?
Oui, c’est possible, mais cela demande une fermeture d’entreprise et une création de société. Il est souvent préférable de faire le bon choix dès le départ pour éviter des frais de mutation de carte grise VTC.
Quel est le coût de création d’une SASU en 2026 ?
Comptez entre 500 € et 1 200 € selon que vous fassiez vos statuts vous-même ou via une plateforme juridique en ligne (incluant les frais d’annonce légale et de greffe).
La TVA est-elle obligatoire pour un chauffeur VTC ?
En SASU, oui dès le premier euro (régime réel). En auto-entrepreneur, vous êtes en franchise jusqu’à 39 100 € de CA, mais attention : si vous ne payez pas de TVA, vous ne pouvez pas non plus la récupérer sur vos frais !
Verdict 2026 : Pour un chauffeur VTC professionnel visant un revenu pérenne et une protection sociale solide, la SASU reste le statut roi. L’auto-entreprise est un excellent tremplin pour tester l’activité, mais elle devient vite un frein fiscal dès que l’on investit dans un véhicule de qualité.