Alors que la transition vers l’électrique est au cœur de toutes les discussions, une tendance inverse et complémentaire s’affirme en ce début d’année 2026 : le « rétro-chic ». Pour les chauffeurs VTC, la possession d’un véhicule de collection n’est plus seulement une passion personnelle, mais devient un levier de diversification majeur pour répondre à une demande croissante dans le secteur des mariages, des tournages et de l’événementiel de luxe.
Loin de concurrencer les trajets quotidiens, l’usage de voitures anciennes sous licence VTC offre une alternative haut de gamme où l’expérience du voyage prime sur la rapidité. Comment s’organiser pour exploiter ce marché de niche tout en restant en conformité avec la réglementation actuelle ?
1. Un cadre réglementaire spécifique pour les anciennes
Contrairement aux idées reçues, la réglementation VTC autorise l’utilisation de véhicules de collection, avec des dérogations notables. En 2026, la règle générale impose aux véhicules VTC une ancienneté maximale de 7 ans. Cependant, les véhicules immatriculés avec la mention « usage collection » sur la carte grise (véhicules de plus de 30 ans) sont exemptés de cette limite d’âge, ainsi que des critères de dimensions et de puissance minimale.
Attention au contrôle technique : Si un véhicule de collection classique bénéficie d’un contrôle tous les 5 ans, son utilisation à titre onéreux sous licence VTC impose un contrôle technique annuel, comme pour n’importe quel autre véhicule professionnel. Il est crucial de respecter cette périodicité pour éviter les sanctions et amendes forfaitaires lors des contrôles routiers fréquents pendant la saison des mariages.
2. Le mariage : Le premier moteur de la demande
En 2026, les mariés recherchent l’authenticité et le « storytelling ». Arriver à la mairie dans une Citroën DS, une Mercedes des années 70 ou une mythique Jaguar Type E apporte une dimension esthétique incomparable aux photos et à la cérémonie.
Pour le chauffeur, ce type de prestation permet de sortir de la tarification au kilomètre pour passer à des forfaits « journée » ou « événement » bien plus rémunérateurs. Cette approche s’inscrit parfaitement dans une stratégie de clientèle privée, où la qualité du service et l’exclusivité du véhicule justifient des tarifs premium pouvant aller de 400 € à plus de 1 000 € la journée.
3. Rentabilité et entretien : Le calcul du passionné
Investir dans une voiture de collection pour son activité VTC demande une gestion rigoureuse. Si la dépréciation est quasi nulle (voire positive pour certains modèles rares), les coûts d’entretien sont plus élevés et demandent des mécaniciens spécialisés.
Toutefois, ce segment permet de maximiser son planning pendant les périodes plus calmes du transport professionnel classique. Par exemple, après le rush des transferts de février vers les gares, le printemps voit l’ouverture de la saison événementielle. C’est également un sujet qui suscite beaucoup d’intérêt lors des échanges au Congrès National des VTC, où la diversification des actifs est vue comme une protection contre la volatilité des plateformes.
4. L’avantage des ZFE pour les véhicules de collection
Un atout majeur en 2026 réside dans les dérogations accordées aux véhicules de collection au sein des Zones à Faibles Émissions (ZFE). Alors que les critères Crit’Air excluent de plus en plus de véhicules thermiques récents, de nombreuses métropoles autorisent les voitures en carte grise collection à circuler librement, reconnaissant leur valeur patrimoniale et leur usage occasionnel. Cela permet aux chauffeurs de maintenir une activité au cœur des centres-villes historiques sans craindre les restrictions de circulation.
Conclusion : L’émotion comme nouveau moteur
Le VTC de collection représente l’alliance parfaite entre le patrimoine automobile et le service de luxe moderne. En 2026, alors que la mobilité devient de plus en plus automatisée, proposer un voyage dans le temps est une opportunité unique de se démarquer. Pour le professionnel, c’est l’occasion de transformer son métier en un art de vivre, tout en sécurisant des revenus élevés sur des prestations d’exception.
Le conseil de l’expert : Si vous vous lancez, soignez votre tenue pour qu’elle soit en adéquation avec l’époque de la voiture. Un chauffeur en costume « vintage » avec un véhicule des années 50 garantit un effet « waouh » et des recommandations immédiates.